Ria Novosti en partenariat avec l’ACP: Un rêve numérique

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Ria Novosti en partenariat avec l'ACP: Un rêve numérique

L’Agence Congolaise de Presse est devenue la première partenaire de RIA Novosti en Afrique Sub-Saharienne, grâce à un contrat signé par les deux parties. Selon ce document, « les deux agences échangeront des informations, organiseront des cours de formation pour journalistes débutants et lanceront des projets médiatiques conjoints. » Ria Novosti, qui possède la plus riche banque d’images de la Russie, pourra peut-être développer au profit des congolais certains secteurs comme le journalisme multimédia (dont le photojournalisme, le datajournalisme ou encore certains nouveaux genres comme les webdocu, les POM, les diapo sonores, etc.). Pour la petite anecdote, Ria Novosti a gagné cette année un prix d’excellence pour une série d’infographies dans la catégorie « Multimédias interactives » au 19e concours international annuel Communicator Awards. Il s’agissait de la deuxième victoire à ce concours pour l’agence russe.

Ce partenariat permettra de casser le quasi black-out sur l’information congolaise à l’échelle mondiale. L’ACP pourra bénéficier des atouts linguistiques de Ria Novosti (12 langues don le français, l’anglais, l’arabe, le russe et l’espagnol), en plus d’un lien de redirection sur le site de l’agence congolaise.

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Kobler, taille patron!

KOBLER

Cette photo de Kobler en plein bain des foules est vite devenue virale sur les réseaux sociaux.

Il voulait cette photo. Il la voulait parce qu’elle symbolise tout. Elle représente au mieux la posture du nouveau représentant du secrétaire général de l’ONU en RDC : Moins bureaucrate, homme de terrain (proche de la population) et surtout chef militaire. Il la voulait parce que la MONUSCO  (pas sa MONUSCO, d’ailleurs doublée de la brigade d’intervention) trainait depuis longtemps cette image de mastodonte au pied d’argile. A Kinshasa, la population était dépitée de côtoyer ces « soldats » de la paix au Marché central et dans les boutiques chinoises. Dans les Kivu, plusieurs fois, les convois de la MONUSCO ont été lapidés. «  Jusqu’à maintenant, on avait ici des casques bleus qui ont eu une certaine cohabitation avec le M23. Je suis arrivé ici il y a deux mois et demi et le M23 était là dans ce bâtiment, c’est la cohabitation. C’est la fin de la cohabitation maintenant avec les groupes rebelles », lâche t-il sur un ton de général d’armée, sur les ondes de Radio Okapi, le 28 octobre 2013, pour marquer la différence avec ses prédécesseurs et affirmer davantage sa posture de chef militaire.

Le jeu (je) de la proximité et de la responsabilité

Cet ancien directeur général de la culture et de la communication au Ministère allemand des affaires étrangères et Ambassadeur en Iraq et en Égypte a déjà gouté aux « bienfaits » de la communication en période de guerre et/ou dans les zones « tendues ». Depuis son arrivée en RDC, il joue le jeu (ou je, c’est selon) de la proximité avec la population et de la responsabilité – sa responsabilité comme patron de la MONUSCO et la responsabilité de la communauté internationale.

Un pied au Kivu, un doigt sur twitter

Alors que la twitosphère congolaise s’interroge sur le contraste de l’image d’un Kabila fêtant la cohésion nationale retrouvée (sic) à Kinshasa et d’un Kobler s’arrogeant le bain des foules villages après village, le patron de la MONUSCO prend des plus en plus de l’espace (au figuré comme au propre). Après les récents succès des FARDC sur le M23 appuyé par Kigali, c’est une fois de plus lui  qui déclare « presque » la fin de la guerre : « le M23 est quasiment fini en tant que force militaire» avant d’ajouter sur un ton ferme qu’ « Il faut maintenant rétablir l’autorité de l’Etat et le système judiciaires dans ces zones libérées », ce matin 29 octobre 2013. Conscient également des relations « difficiles » entre la coalition gouvernement- Monusco et la diaspora congolaise, Kobler a investi la twistosphère congolaise. Avec ses 1265 followers, il poste photos, informations, réactions, positions et répond aux questions même les plus improbables des twitos, pour la plupart « combattants ».  

KABILAUne fois de plus, il est étonnant de remarquer l’amateurisme avec lequel l’image du chef de l’Etat est gérée, surtout en cette période. Des millions dépensés pour les vacarmes à Kinshasa, des télévisions squattées matin et soir par des champions de la « visibilité », des boulevards jonchés par des Merci Kabila, alors qu’avec peu, ils peuvent faire plus. Ah j’avais oublié…toutes les occasions sont bonnes pour se remplir les poches, au nom de la cohésion nationale. Vous avez dit spin doctor? Lire la suite

Prix Nobel de la Paix : Malala ou le triomphe du lobbying, qui est tu Mukwege?

Le prix Nobel de la Paix 2013 sera décerné ce vendredi 11 octobre 2013 à Oslo.  D’après les médias occidentaux au moins de 259 candidatures ont été déposées – un record.

ImageMalala Yousafzai est donnée favorite, toujours selon les médias occidentaux. Si ce pronostic se confirme, l’adolescente pakistanaise (16 ans), blessée à la tête par les talibans pour avoir défendu le droit des filles à l‘éducation, deviendrait la plus jeune lauréate de l’histoire des Prix Nobel.

On remarquera juste que la jeune femme bénéficie d’un accompagnement médiatique très professionnel, sans doute tricoté par un lobbying puissant.

A l’origine, ce n’est pas Malala, mais son paternel. Ziauddin Yousafzai, le père de Malala, est connu pour ses prises de positions politiques. Il n’hésite d’ailleurs pas à embarquer même les membres de sa famille dont la jeune Malala. L’histoire retiendra que papa Yousafzai  a soutenu l’intervention militaire dans sa région. Enseignant et ex-directeur d’école, il a été nommé, le 10 décembre 2012, conseiller spécial des Nations unies auprès de l’envoyé spécial de l’ONU chargé de l’éducation Gordon Brown.  Et de fil en aiguille, le 12 juillet 2013, Malala s’ést vue offrir la tribune de l’ONU pour parler de l’accès à l’éducation pour les filles.

On notera aussi cette interview accordée le lundi 7 octobre à BBC, comme par hasard à une semaine du dévoilement du Prix Nobel de la Paix 2013. On n’oubliera pas la date, pour le moins bien choisie, de la sortie de son livre (mardi 08 octobre 2013), sans oublier le médiaplanning de sa sortie: Interview exclusive à BBC, extraits publiés au Sunday Times (dimanche 06 octobre 2013), etc.

Mukwege-Panzi2Pour sa part, le gynécologue congolais Denis Mukwege est également cité parmi les favoris. « Le réparateur des femmes » avait dû fuir la RDC fin 2012 après une tentative d’assassinat pour avoir aidé les femmes violées et persécutées du Nord et Sud Kivu.  Cet épisode de sa vie a été parmi le plus médiatisé et se rapproche un tout petit peu au récit de Malala. Mais le combat de Denis Mukwege n’a pas commencé par cet attentat. Depuis plus de 20 ans, loin des caméras du monde, le gynécologue a opéré près de 50 000 femmes victimes de viols. A défaut de bénéficier d’une aura médiatique spectaculaire, le combat de Mukwege est reconnu cependant par ces nombreuses pauvres femmes de région maudite de l’Est de la RDC.

Ce vendredi le prix Nobel 2013 sera connu et certainement que ce ne sera pas Mukwege, mais qu’est-ce que ce prix représente aux yeux de ces femmes ? Certainement que le bistouri et la vie qui s’en suit valent mieux qu’un Prix Nobel.

SOS Emploi : Katembera 2.0 !

Katembera

Un brin taquin, mais surtout critique, éclectique, et très ouvert d’esprit, amoureux de la belle vie :football, musique, cinéma, lecture, web, mais aussi et surtout des choses sérieuses – prenons ça comme ça – politique, sociologie et médias, Serge William Katembera incarne ce que la jeunesse actuelle offre de mieux. Né chez Bourdieu, grandit dans la cour de Mudimbe pour évoluer au pays de Paolo Freire, peu de jeunes intellectuels actuels offrent une telle carte de visite. Français, portugais, anglais, swahili et espagnol Katembera n’a pas sa langue dans sa poche – ni ses doigts d’ailleurs, en témoigne sa dextérité dans le journalisme 2.0.

Besoin d’une consultance, d’une correspondance, d’une pige,  d’une main (mieux, un cerveau) d’œuvre, vous  savez déjà à qui vous adressez.